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dimanche 24 avril 2016

Les crues, phénomènes dévastateurs, mais pas forcément "naturels"

Voilà un des problèmes majeurs de notre belle rivière : les crues...

On pourrait penser qu'il s'agit là d'un phénomène naturel, mais en fait non. L'homme a marqué de son passage le cours de la rivière et l'a réduit à peau de chagrin.
Une rivière lors de crues a besoin de zones d'expansions (marais, champs, anciens bras, méandres) dans lesquelles le surplus d'eau amené va s'étendre progressivement et permettre de moins impacter le lit majeur de la rivière.

Sur le Guiers, ces zones n'existent quasiment plus et ont été détruites par l'homme au profit de zones industrielles et d'habitations. Ce qui fait qu'aujourd'hui, quand il y a de fortes précipitations, comme ce week end, tout ce qui tombe "en haut", déboule furieusement et directement "en bas"... Et la rivière redescend aussi vite qu'elle est montée, embarquant tout sur son passage, alevins et invertébrés, et modifiant l'habitat et les caches nécessaires à nos belles zébrées. Certaines zones finissent par devenir stériles à force d'être impactées par les crues (voir l'amont du Bonnard).

Avec les pluies de ce samedi, le Guiers est passé de 20m3 à 250m3 en moins de 5h, et redescend à vue d'oeil...
A ce niveau de débit la rivière devient un véritable rouleau compresseur, un torrent de boues.
Avec un peu de chance, les truitelles de l'année qui ont commencé à grossir vont réussir à s'en sortir. En revanche je suis beaucoup moins optimiste pour les fraies d'ombres qui vont se retrouver éparpillés sur les bordures ainsi que les invertébrés...
Adieu les belles éclosions qui ont fait notre bonheur ce début de printemps et que nous n'avions pas revues depuis des années...

Va-t-il falloir attendre une catastrophe au niveau humain (inondations meurtrières, décès de riverains...) pour que ce problème majeur soit pris au sérieux ?
Même s'il est déjà trop tard, des solutions existent pour minimiser ces impacts, il faut recréer des zones d'expansion là où cela est encore possible et cesser de rectifier le cours de la rivière au gré des humeurs des élus, des industriels et des propriétaires riverains.

Un bel objectif pour un "contrat rivière" qu'on ne voit toujours pas prendre forme...


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