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samedi 28 janvier 2017

Bilan des frayères et état général

En cette fin janvier, on peut considérer que la période de fraie est finie (même si l'on constate encore, ici ou là, quelques grattées de retardataires).

Elle aura commencé plus tard que l'an passé, j'ai vu les premières sur le Guiers autour du 17 décembre, le paroxysme ayant été atteint à la période entre noël et le nouvel an.

Les deux premières semaines de décembre, le débit du Guiers s'est remis à baisser considérablement, il n'y a quasiment eu aucune précipitation depuis (à part un peu de neige). Début janvier il a atteint son niveau le plus bas, celui que l'on retrouve en période de forte canicule, 2,5m3/seconde... du jamais vu en ce qui me concerne...

Cette baisse drastique des niveaux a obligé les truites à modifier un peu leur lieu de ponte (la plupart des frayères que j'avais observées l'année passée étant "à sec" cette année). Aujourd'hui, fin janvier, certaines zones de frayères menacent de se retrouver à sec également.

Ce faible débit provoque également d'autres réactions... forcément, les polluants domestiques et agricoles se retrouvent beaucoup plus concentrés et une forme d'eutrophisation tapisse les fonds, malgré la température de l'eau (2° en janvier). Parfois, une semaine après que la truite ait frayé, on ne distinguait plus qu'à peine la frayère...

Les prédateurs, comme les oiseaux piscivores (Harles bièvres, cormorans, hérons) s'en sont également donné à cœur-joie sur ces proies si faciles...
La forte période de neige et de froid intense que nous avons connu ne va rien améliorer... Ce sont des tonnes et des tonnes de sel et de potasse qui ont été répandus le long de nos routes... Avec le dégel actuel, tout cela va ruisseler, la végétation en repos ne va rien métaboliser, et tous cela va se retrouver directement dans nos eaux... qui sont toujours à un débit critique. La concentration de matières polluantes va faire un bond faramineux.
Rajoutez à cela les épandages agricoles qui vont reprendre...
Je crains fortement les deux prochaines semaines qui s'annoncent.



Pour revenir sur le bilan des frayères, globalement, j'en ai constaté plus et de plus grosses que l'an passé. J'en ai également vu plus sur le parcours à l'aval de Pont de Beauvoisin, et moins à la sortie des gorges de Chailles. Un parcours me préoccupe toujours beaucoup, c'est celui entre le Bonnard et le Rôti, où cela fait maintenant 2 ans que je ne constate pas grand chose.

Sur le Tiers, c'est assez mitigé, j'ai vu certaines zones doubler par rapport à l'an passé et d'autres désertées... les secteurs inquiétant sont de la confluence à l'aval des Boissières, du Français jusqu'à la Vavre et de Sainte Catherine jusqu'à la cascade... Pour les raisons que l'on connait, les multiples pollutions mortelles qui nous proviennent d'en dessous d'Agrati, la population de carnassiers et la morphologie du cours d'eau dues aux lâchers d'EDF dans la Vavre. En revanche, j'ai du mal à analyser le pourquoi du secteur aval... Qualité d'eau ???

Les autres affluents se portent plutôt bien, à part le ruisseau de Beauchiffray (ou Malafossant), le ruisseau du Bonnard et le Rondelet.

Nous sommes heureux d'avoir constaté que tous les travaux effectués à l'automne ont été très bénéfiques, puisque sur chaque linéaire que nous avons réhabilité, nous y avons retrouvé de nouvelles frayères !

C'est donc dans l'ensemble une bonne année au niveau de la fraie.

Mais tout ceci est encore placé sous la vulnérabilité de nombreux facteurs, qu'on a déjà évoqués, mais aussi d'une crue soudaine (supérieure à 150m3/s), qui à coup sûr éradiquerait 90% des frayères, mais également de notre propre comportement en tant que pêcheurs, car d'ici l'ouverture, si tout se passe bien, les alevins seront encore sous les graviers (ils ne sortiront que fin mars), et il ne tient qu'à nous de ne pas aller les piétiner en voulant à tout prix traverser ou passer dans l'eau à certains endroits.
C'est pour cette raison que nous avons balisé et mis des panneaux aux endroits les plus cruciaux, vous demandant de ne pas marcher dans l'eau sur une certaine distance.
Merci de respecter ces zones et de ne pas marcher dans l'eau avant le 15 mai sur le Guiers, et avant le 15 avril sur les affluents.






4 commentaires:

  1. Salut David,

    que dire de plus, ce constat est est inquiétant, pour ne pas dire alarmant. Ce que je redoute le plus , c'est que cette saison prenne le même cap que celle précédente.Pas facile de faire comprendre ça à tout le monde, je vais me permettre de publier sur mon blog , afin d'informer un maximum de pêcheurs locaux sur cette situation critique. Bon courage et au plaisir de nous revoir !
    @+ Léo

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    1. Salut Léo et merci de ton partage ! ;)
      oui tout ceci est très inquiétant... aux facteurs climatiques "exceptionnels" se rajoute notre pollution "ordinaire"... et là dans ces cas là, ça peut mener à la catastrophe.
      J'espère effectivement que les pêcheurs du Guiers se montreront respectueux de ces zones de frayères (au moins qu'ils le fassent pour eux-mêmes, s'ils veulent continuer à prendre du poisson sauvage...), parce qu'après tout ce que j'ai vu cet hiver, je ne serai pas tendre avec quelqu'un qui marche sciemment sur les zones balisées ! Et qu'on ne me dise pas : "j'avais pas vu..." !!! ;)

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  2. Même constat que vous sur la situation de nos cours d'eau, plus que jamais notre comportement devra être à la hauteur des enjeux à relever.
    Je rejoins avec plaisir cette saison le dynamisme et l'engagement de l'AAPPMA Guiers-Thiers, à bientôt sur le terrain.
    Bernard

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