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lundi 23 octobre 2017

Faisons le tour de nos affluents...

"Les petits ruisseaux font les grandes rivières"... De tels adages ont toujours une base bien fondée...

Au bout de 2 ans, je pense qu'il est temps de faire un point sur nos affluents, dont toute l'eau, finit, à un moment ou à un autre, dans le cours du Guiers... Cela permettra d'éclaircir un peu mieux la situation du Guiers sur nos parcours, ainsi qu'à l'aval, mais aussi à l'amont, car nous nous méprenons pas la situation n'y est guère plus reluisante.

Et espérons le, que cet état des lieux soit lu par les bons yeux, ceux qui peuvent agir avec nous pour améliorer la situation. Car bien souvent ces petits cours d'eau sont encore plus méprisés par l'homme que les grandes rivières.

Le détail est un peu long (même si j'aurais pu en rajouter quelques pages...), mais assez complet, je vous prie de m'en excuser d'avance.

Le Tiers :

Il prend sa source des résurgences (pertes à Ayn) du lac d'Aiguebelette, quelques centaines de mètres en amont du Pont des Castors à la Bridoire. Une de ses particularités est que, quand le Rondelet est en eau (ce qui n'est pas arrivé depuis 2 ans), ce dernier vient se jeter directement dans le lit du Tiers, cela pourrait laisser à penser qu'il s'agit d'un seul et même ruisseau. Il passe par La Bridoire, Verel de Montbel, Domessin et Belmont-Tramonet avant d'aller se jeter dans le Guiers en aval du Camping des 3 lacs.
Résurgences du Tiers

Les 500 premiers mètres depuis la résurgence sont en réserve de pêche. Il y a également une réserve de pêche à Belmont Tramonet, aux Chaudannes, qui part du Pont où passe la route et s'étend jusqu'au barrage en amont.

Les agressions subies (de l'amont vers l'aval) :

- Les seuils et barrages infranchissables : certains naturels, mais la plupart sont d'origine humaine, il y en a un grand nombre dans la partie de la Bridoire et à l'amont.

- Usine dans La Bridoire : même si cette année nous n'avons pas eu à déplorer de pollution mortelle, le sous-sol de cette usine est imprégné de polluants très nocifs qui mettront des décennies avant de ne plus impacter la rivière et le sol...

- Rejets domestiques dans La Bridoire : Une grande partie des riverains du centre bourg ne sont pas reliés au réseau d'assainissement et rejettent directement dans le Tiers.

- Bassins d'épuration de La Bridoire : Obsolète et n'ayant plus un volume suffisant, les eaux usées de toute la commune (quand elles ne sont pas rejetées directement) stagnent ici et s'infiltrent dans le cours du Tiers et du ruisseau des Gorges via des brèches et autres porosités, puisqu'ils sont situés à la confluence de ces deux ruisseaux...

- Bassin de compensation de la Vavre : initialement conçu pour contenir les eaux de turbinage du lac d'Aiguebelette à la centrale hydroélectrique EDF de La Bridoire, ce bassin est aujourd'hui totalement comblé par la vase et ne sert plus à sa mission première (il ne se remplit plus, il s'écoule...). Bien qu'EDF ait pris des mesures (montée graduelle, passe de 1 à 9m3 en quelques heures, et pas d'un coup), ces lâchers ont non seulement endommagé un grand nombre de berges du Tiers à l'aval (ce qui a fait tomber nombre d'arbres dans l'eau, occasionnant des barrages qui ont encore empiré la situation d'ensablement du lit et d'érosion des berges), mais en plus les poissons ne trouvant plus refuge dans ce qui était, avant, un "étang", la plupart sont descendus dans le Tiers et notamment les carnassiers comme les brochets que l'on retrouve en trop grand nombre à l'aval et qui nuisent aux populations piscicoles natives de la rivière, salmonidés en tête... Pour ne rien améliorer, en période d'étiage ou de canicule, la température l'eau, qui est turbinée du lac, est au dessus des 25° et par ricochet va encore augmenter la température du Tiers et participer à l'effondrement des populations de salmonidés. Toutefois EDF fait des efforts à ce niveau là depuis que nous avons entamé une concertation depuis 2 ans.

- Les fûts de déchets toxiques enterrés par des entreprises de peinture et autres industries sur des parcelles connues, mais non signalées : Le poison qui s'en écoule au fil du temps et depuis des années s'insinue doucement par infiltration et va continuer de nuire pendant des décennies encore...

- L'ancienne décharge enterrée de Domessin en amont du Français : des centaines de m3 de déchets de tous types (dont industriels) sont enterrés là-bas dessous et vont continuer à se distiller dans l'eau et le sol pendant très longtemps...

- Les pollutions aux hydrocarbures provenant de l'autoroute A 43 : par le biais du ruisseau des Cendrus et du Rondelet.

- Les plantations arboricoles : il y a nombre de parcelles plantées de sapins (de noël) ou autres arbres destinés à la vente en pépinière, en bordure de ruisseau. Ces plantations sont surtraitées (engrais, herbicide, insecticide, fongicide...) et une grande partie de ces produits finit au Tiers par ruissellement...

- L'activité agricole : Entre les épandages, les pompages (même en période de sécheresse), les rectifications sauvages de berges, le Tiers s'écoule (ou essaie) jusqu'au Guiers.

- Les deux barrages infranchissables du bas du Tiers (Chaudannes et Jubasseau) sont équipés de passe à poissons. La seconde a été reprise l'an passé et remise à neuf pour être fonctionnelle, la première est en passe l'être cette année.
Passe à poissons de Jubasseau

Le Grenand (à partir de l'entrée amont des gorges) :

La partie amont (Grenand et Quinze Sous + affluents) est gérée par l'AAPPMA de Chambéry.

Il prend ses sources au dessus d'Attignat-Oncin, se Jette dans le Tiers dans le centre-bourg de La Bridoire.

Les 200 premiers mètres à partir de la confluence sont en réserve de pêche dans le village de La Bridoire.

Les agressions subies :

- Pollutions d'origine agricoles sur le haut (activité laitière, épandages, rectification de berges sauvages...). Nous avons également longtemps suspecté la tannerie, mais il semble qu'aujourd'hui il y ait moins de soucis de ce côté-là...

- Canyoning : outre le fait que des centaines (voire des milliers) de personnes marchent dans le lit de ce ruisseau (ce qui est nuisible aux poissons et aux invertébrés), ce qui est le plus grave, ce sont les descentes de particuliers hors-saison (février-mars-avril) qui si elles sont moins nombreuses, sont d'autant plus meurtrières car les frayères de truites sont piétinées à chaque sortie de trou... Ce sont des centaines d'alevins de truites qui ne verront jamais le jour...
Barrage érigé par des jeunes cet été, cela est totalement interdit, 
les auteurs des faits risquent de lourdes amendes...

Le ruisseau des Gorges (ou Rieu de St Béron) et ses affluents (ruisseaux du Barrichaud, du Moncellier, du Chatelard, du Grand Bois) :

Il prend ses sources autour de St Béron, se jette dans le Tiers en aval du stade de foot de La Bridoire (bassins de décantation).

Les agressions subies :

- Pollutions d'origine agricoles et domestiques : épandages, rejets directs au ruisseau sans raccordement...

- De nombreux barrages faits par les riverains... Petit rappel : il est interdit de faire obstacle au déplacement des espèces animales dans une rivière. Nous n'hésiterons pas à porter plainte auprès de l'AFB si cela continue...

- Tubages et infranchissables dans le centre bourg de La Bridoire.

- Bassins de décantation de La Bridoire qui ont de grosses pertes et "pourrissent" la confluence... La remontée des truites du Tiers est par ce fait peu probable, d'autant que le tubage de la confluence n'est quasiment pas praticable en période de basses eaux...
Barrage érigé par un riverain

Le Rondelet :

Il prend sa source au delà de l'autoroute à Dullin, se jette dans le Tiers au niveau des Résurgences à La Bridoire.

La particularité du Rondelet est que de tous temps, sa partie aval s'assèche périodiquement sur quelques centaines de mètres (pertes). Mais depuis 3 ans ont voit cette limite remonter spectaculairement. A cause de cela, Il n'y a plus de population piscicole sur la partie basse (mi-gorges).

Agressions subies :

- Pollutions agricoles sur le haut (épandages et autres).

- Pollutions aux hydrocarbures fréquentes dues à l'autoroute.

- Pompages agricoles et particuliers en période de canicule ou sécheresse.

- Rejet de la STEP d'Ayn dans le ruisseau. La station est vieillissante et obsolète.

Le Barioz :

Il prend sa source vers le tunnel de Dullin, se jette dans le Tiers derrière la Vavre.


Le ruisseau des Cendrus :

Il prend sa source sous l'autoroute à Verel de Montbel, se jette dans le Tiers en aval du Français.

Plus de population piscicole.

Agressions subies :

- Pollutions aux hydrocarbures : Les eaux de ruissellement de la chaussée se jettent directement dans le ruisseau, que cela provienne d'accidents ou des huiles et hydrocarbures accumulés sur la chaussée qui partent en temps de pluie.


Le Paluel (à partir du château de Montfleury et aval) : 

La partie amont est gérée par une association privée "La truite de Mandrin".

Il prend ses sources vers Rochefort et se jette dans le Guiers en amont des "Molasses" à Belmont-Tramonet.
Barrage érigé pour captage d'eau à Avressieux

Agressions subies :

- Barrages et pompages dans la partie haute.

- Station d'épuration obsolète.

- Pollutions agricoles dans la partie basse (épandages, élevage porcin) et rectification des berges.

- Assèchement du marais.

- Pollution agro-industrielle.

- Pollutions aux hydrocarbures au niveau de l'autoroute.

- Présence de vannes manuelles utilisées régulièrement par les agriculteurs sur la partie aval. Le ruisseau est régulièrement mis à sec dans cette zone : plus de population piscicole à ce niveau là...

- Présence d'un tubage infranchissable 100m au dessus de la confluence avec le Guiers.

Le ruisseau de la Pérétia :

Un petit nouveau !!! :)

Ce ruisseau "n'existait pas" l'an passé, il était jusqu'à lors qualifié de "fossé". Suite à nos plaintes visant la pollution agro-industrielle du Paluel via ce ruisseau, l'AFB a établi que ce "fossé" s'écoulait, et même en période de sécheresse ! Il a donc été requalifié en "ruisseau" et a eu droit à un nom, en cette fin d'été 2017. Par voie de conséquence, la station d'épuration qui accueille les rejets de la fruitière a été remise aux normes cette année. Espérons que nous n'ayons plus de soucis de ce côté là à l'avenir !

Il prends sa source vers la fruitière d'Avressieux et se jette dans le Paluel au niveau du marais.

Pas de population piscicole.


Le ruisseau d'Avaux :

Tout petit ruisseau côté Isère, à Romagnieu, qui se jette vers la Loue-Forêt. Pas de population piscicole sur l'amont, mais il y a quelques frayères sur la partie non ensablée de l'aval, l'hiver.


Le Ruisseau de Pissevieille :

Il prend sa source à Domessin et se jette à Pissevieille à Pont de Beauvoisin 73.

Petit ruisseau jadis regorgeant de truites... Plus de population piscicole aujourd'hui... Le débit a été sévèrement réduit et les infranchissables à la confluence avec le Guiers ne permettent plus la remontée des poissons.

Le site de la confluence, au niveau du pont, est une ancienne décharge municipale, malheureusement les vieilles habitudes perdurent...

Le Putarel :

Il prend sa source derrière la gendarmerie à Pont 38 et se jette dans le Guiers sous le lycée Pravaz.
Plus de population piscicole à cause des pollutions de l'ancien centre d'incinération des déchets. Aucune possibilité de remonter depuis le Guiers puisqu'il y a une chute d'environ 8m et ensuite un tubage sur quelques centaines de mètres sous le terrain du lycée.

L'Aiguenoire :

Il prend sa source à Domessin (ZI La Sage).

Pollué dès sa source par les bassins d'épuration de la fruitière de Domessin et par divers rejets industriels de la zone, ce ruisseau est abiotique (plus aucune vie) sur toute sa longueur. Suite à nos plaintes de l'an passé, nous n'avons pas, cette année, reconstaté de rejets tels que ceux des années précédentes.

Il se jette en aval du pont François 1er, le tubage est infranchissable et le ruisseau est tubé sous la ville sur quelques centaines de mètres.

Le Ruisseau des Carmes :

Il prend ses sources entre Pont de Beauvoisin 38 et Saint Jean D'Avelanne, se jette dans le Guiers rive Isère au niveau du Bonnard (Cumont).

La partie amont est en réserve de pêche (limite aval : en dessous de la ferme Jargot, là où le ruisseau rejoint l'avenue du Lambin) jusqu'aux sources.

Malgré un infranchissable de taille (barrage) quelques centaines de mètres en amont de la confluence, et de quelques infranchissables (buses), pollutions agricoles et pompages dans sa partie amont, ce ruisseau se porte relativement bien.

Le Ruisseau du Bonnard :

Il part du marais de Saint Béron et se jette quelques centaines de mètres en amont du Bonnard à Domessin.

Plus de population piscicole dans sa partie amont (400m au dessus de la confluence...). Les pêches électriques effectuées en 2016 ont validé cet état de fait.

Victime de nombreuses pollutions, dans le passé (toujours actuelles pour certaines ?), provenant de la ZA à l'entrée de St Béron, son lit a été grandement modifié pour les "besoins" de l'agriculture. Les bandes de rives ne sont pas respectées par les agriculteurs, les épandages et autres pompages sont donc d'autant plus nocifs.

Aucune remontée n'est possible depuis le Guiers puisque 400m au dessus de la confluence, le ruisseau est tubé, sous un champ extrêmement pentu sur 100m, et sort d'une ferme où plus haut il sert d'abreuvoir au bétail...

Tout le long de son cours, ce ruisseau est tubé à de nombreux endroits, beaucoup d'infranchissables.

Le Ruisseau de Beauchiffray ou Malafossant (deux rives dans la partie aval du pont de la nationale, et rive gauche à l'amont, la rive droite étant gérée par l'AAPPMA de Saint Bueil) :

Il part des hauts de Saint jean d'Avelanne et se jette dans le Guiers entre Saint Albin de Vaulserre et Saint Jean d'Avelanne.

Très mal en point, ce ruisseau soufre depuis les énormes crues de 2002. En effet de nombreuses habitations ont été construites de parts et d'autres du ruisseau et maintenant on s'efforce de le contenir dans un cours qu'il n'a pas choisi...

Cette année des travaux ont été lancés pour contenir son lit, refaire les berges arrachées le long de la route et créer des passes à poissons et à amphibien, ce qui est une bonne chose. Ce qui est en revanche bien moins bien, c'est que lors des travaux, la couche de marne au fond du ruisseau a du être percée et maintenant le ruisseau se perd complètement en amont de la passe réalisée... On le retrouve des centaines de mètres plus en aval dans le bois...

Sinon, un point de pollution notable et non identifié, à lieu sous la ferme Morin (métal enterré ?) quelques centaines de mètres en amont de la confluence.

Des restes d'alambic sont aussi souvent retrouvés dans le ruisseau, près du centre-village, de St Jean d'Avelanne.

Le ruisseau du Pichot :

Il part des hauteurs de St Béron et se jette au Guiers en aval du Pont de Saint Béron.

Pas de population piscicole.

A sec une grande partie de l'année.

De nombreux infranchissables.

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